BONNEMAISON – plaidoirie de la partie civile. Source : La Croix. Comment ne pas penser au livre « On tue les vieux » ?

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 » Donner la mort intentionnellement, même pour un médecin, c’est un crime », a accusé une avocate.

« Nous sommes ici pour savoir si un médecin peut délibérément abréger la vie de ses patients qui ne sont plus en mesure de donner leur consentement, leur avis, dans toute leur vulnérabilité. » Il est un peu plus de neuf heures en ce vendredi 23 octobre à la cour d’assises du Maine-et-Loire. Et Maître Bernard-Franck Macéra se met à raconter, brièvement, la vie de Françoise Iramuno, décédée en 2011 aux urgences de Bayonne.

« Une dame de 86 ans qui vivait une retraite paisible au Pays basque, près de Saint-Jean de Luz, où elle avait été une commerçante respectée de tous », explique l’avocat qui représente le fils et la belle-fille de la défunte, une des deux seules familles à s’être constituées parties civiles contre le docteur Nicolas Bonnemaison.

Un transfert aux urgences après une mauvaise chute

Depuis quinze jours, l’ancien urgentiste de l’hôpital de Bayonne acquitté à Pau en juin 2014 est jugé en appel à Angers, soupçonné d’avoir accéléré le décès de sept personnes âgées et en fin de vie en 2010 et 2011. Sept dossiers au total mais vendredi matin, à l’audience, Me  Macéra a choisi de ne parler que du seul cas de Françoise Iramuno, transportée aux urgences le 5 avril 2011 après une mauvaise chute à son domicile.

Ce jour-là, les médecins annoncent à son fils que le pronostic vital est engagé. « La famille sait alors que Madame Iramuno va décéder. Mais ce décès, leur dit-on, n’est pas imminent. Et son fils, sa belle-fille ses petits enfants savent qu’ils vont pouvoir être là, à ses côtés, pour l’accompagner dans ses derniers moments », plaide Me  Macéra.

Une patiente en fin de vie mais qui ne souffrait pas

Une dame âgée à la toute fin de sa vie. Mais une patiente, insiste l’avocat, qui ne souffre pas. « Elle est détendue, sereine, apaisée. Elle ne présente pas de crispations ni de signes de difficultés respiratoires. Madame Iramuno ne présente alors aucun signe de ces douleurs agoniques terribles que plusieurs médecins, ces derniers jours, sont venus décrire à la barre », martèle Me  Macéra.

Et l’avocat de raconter comment le docteur Bonnemaison est entré dans la chambre de la vieille dame pour lui injecter de l’Hypnovel, un médicament fréquemment utilisé en soins palliatifs pour apaiser les souffrances mais qui peut aussi avoir comme effet secondaire d’accélérer le décès.

« On a volé à cette famille la possibilité d’être là »

Comme l’ont confirmé les débats, Nicolas Bonnemaison, ce jour-là, a agi seul. Sans informer les soignants ni la famille de Françoise Iramuno, qui n’était pas présente au moment où elle s’est éteinte, quelques minutes après l’injection faite par l’urgentiste. « C’est une aide-soignante qui lui a tenu la main pour ses tout derniers instants et pas le docteur Bonnemaison qui n’a fait preuve, ce jour-là, d’aucune compassion », estime Me  Macéra. « On a volé à cette patiente la possibilité d’être accompagnée par sa famille pour la fin de sa vie », ajoute-t-il.

« Un geste de toute puissance »

Lors des débats, Nicolas Bonnemaison a répété qu’il avait toujours agi pour soulager les souffrances de ces personnes âgées pour lesquelles un arrêt de soins avait été collégialement décidé.

> À lire : les premières explications du Dr Bonnemaison

« Mais ce jour-là, vous avez eu un geste froid, secret, violent, calculé et prémédité. Le geste de toute puissance d’un médecin qui, peut-être, se considérait comme infaillible dans son jugement », affirme Me  Macéra. « Donner la mort intentionnellement, même pour un médecin, c’est un crime et cela reste un crime », ajoute quelques minutes plus tard Me  Valérie Garmendia, l’autre avocate de la famille Iramuno.

La cour doit entendre ensuite le réquisitoire du Parquet puis, dans l’après-midi, les avocats de l’ancien urgentiste de l’hôpital de Bayonne.

Pierre Bienvault, à Angers « 

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